Werner Kaegi

1983/1984 DIALOGUE

1983/ DIALOGUE FOR KENDHANG,GAMELAN AND COMPUTER (VERSION 1)
84 MIDIM8X SONOLOGY UTRECHT
CREATION MUZIEKCENTRUM UTRECHT 24-01-84
SUPANGAH RAHAYU,KENDHANG, ACCOMPAGNED BY THE GAMELAN GROUP OF
THE INDONESIAN EMBASSY THE HAGUE.

(Note de programme)
WERNER KAEGI: DIALOGUE pour kendhang et ordinateur (1983/84).
(Version 3)
Le kendhang est un tambour javanais … deux faces accord‚ … une
hauteur precise. Les sons de la musique javanaise sont onomato-
peiques, en d'autres mots, ils imitent le langage parlé. Un
joueur de kendhang qui desire expérimenter donne libre cours …
cette imitation et intègre même à son répertoire les sons
apparaissant dans l'environnement. Ma composition DIALOGUE fait
référence a ceci. Premièrement les sons relalisés par ordinateur
sont introduits et ensuite imités par le joueur de kendhang qui
travaille sur ceux-ci. Dans le cours de la composition les sons
digitaux se developpent de manière … ce qu'ils s'éloignent de
plus en plus des possibilités expressives du kendhang et devien-
nent des lignes melodiques. Les sons naturels et syntetiques
combattent les uns contre les autres jusqu'à ce que ce conflit
atteigne un climax qui est alors continué par l'introduction de
la composition javanaise SUBAKASTAWA dans la "tonalité" Slendro-
9. Ceci termine ma pièce.


Festival 84, Genève, Salle Patino le 14 sept.1984
Dialogue pour kendhang et ordinateur (version 3)
Conférence donnée à Geneve le 14 sept.1984 par le compositeur
Exemples musicaux par Supangah Rahayu, solist de la soirée.

Qu'un compositeur occidental soit impression‚ et influenc‚ par la
suprême beauté de la musique gamelan ne peut pas surprendre.
L'exemple de Claude Debussy est bien connu. Ce qui est de plus,
cette admirable musique est marquée par des caractéristiques qui
doivent profondement intéresser notemment le compositeur de notre
époque. Car la musique gamelan est improvisée, il est vrai, mais
cette improvisation respecte une trame rigoureusement organis‚e
par les lois de composition. On se sent prèsque tenté de parler
d'improvisation musicale sur l'arrière-fond d'une organisation
algoritmique. Voilà ce qui peut séduir le coeur d'un compositeur
qui travaille par moyen de l'ordinateur.

Mais je sens qu'un compositeur occidental a beau être séduit et
charm‚ par la sévère beaut‚ de l'art gamelan, il ne réussira
jamais à en faire son propre langage à lui. Pour celà il faut
être né dans le pays. Et pourtant, il y a aux Pays-Bas trois
compositeurs à avoir fait des tentatives (bien réussies) dans
cette direction: Ton de Leuw, Wil Eisma et moi-même. N'oublions
pas qu'en Hollande la musique javanaise est fort bien connue du
fait que l'Indonésie fut une colonie hollandaise pendant des
siècles. Maintenant la situation est entièrement changée, bien-
sûr, cependant vous trouverez pour ainsi dire dans chaque village
néerlandais un groupe gamélan, c'est a dire un orchestre qui joue
de la musique javanaise. Aux Pays-Bas le compositeur est donc,
dans une certaine mesure, en étroite contact avec l'art musical
du Java. Et cela d'une manière très pratique. Lorsqu'à l'époque
j'avais developpé sur nos ordinateurs à Utrecht mon système de
composition digitale MIDIM il m'arrivait de collaborer souvent
avec le jeune musicien hollandais Jos Janssen qui avait reçu sa
formation musicale à Djakarta et y retournait regulièrement non
seulement pour continuer ses études mais aussi pour accomplir
là-bas un travail de recherche dont l'object étaient les anciens
instruments du gamelan de la cour royale à Solo. J'avais le
plaisir d'assumer la direction de ces recherches. Mon intérêt
allait grandissant et bientôt l'envie me prena de développer un
compilateur automatique des gammes et des sonorités timbrales de
ces instruments. Par l'intermédiaire de Me.Janssen j'eus le
plaisir d'entrer en contact avec l'éminent musicien javanais
Supangah Rahayu qui, ce soir, sera l'interprète de ma composition
DIALOGUE pour kendhang et ordinateur. M.Supangah, issu d'une
famille de musiciens javanais, m'apprit que dans son pays le
batteur joue d'après un répertoire sonore établi rigoureusement
sur les syllabes de la langue indonésienne. Qu'il reconnait donc
un répertoire sonore linguistique et qu'il développe sa musique
en tant que jeu formel sur cet alphabet. Voilà quelques exemples
sonores:

(suit demonstration sonore de Supangah)

M.Supangah m'a pourtant appri qu'un batteur accompli tentera
toujours d'élargir la gamme expressive de son répertoire en
essayant d'imiter des sons de son entourage qui évoquent sa
curiosité. Voilà le point de départ pour ma composition:
l'alphabet linguistique, son élargissement par imitation et
l'improvisation controlée. Ma musique repose donc sur un réper-
toire sonore qui est strictement bas‚ sur les sons linguistiques
du batteur javanais. C'est ainsi que j'engage (en tant que
compositeur occidental, bien sûr!) le dialogue avec le musicien
javanais: je lui propose des évenements sonores (synthetisés sur
ordinateur) qu'il reconnait et imite. A un certain moment donné
je procède pourtant à de vives modifications. Fidèle à sa
tradition, le batteur tente de me suivre par imitation jusqu'à ce
que la métamorphose de mes sons synth‚étiques sera telle que,
limité par son instrument, il n'y arrivera plus. Il en résulte
une vive tension entre les moyens d'expression du musicien
javanais et mon langage de musicien européen se servant de
l'ordinateur. Le fossée qui sépare les deux mondes sera finale-
ment comblé par l'introduction d'une composition javanaise tradi-
tionelle appelée SUBAKASTAVA, ce qui veut dire en français:
surchargé de gentilesses. Je mentionne finalement pour ceux que
cela peut intéresser le mode tonale javanais qu'applique ma
composition: Slendro-9 obtenu a l'aide du compilateur dont je
vous ai parlé plus haut. Merci.

 

 


Vocalulu - Lulu, Werners Hund demonstriert die Vokale:

Vocalulu

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